NI DIEU NI E-MAIL

La lune au carrefour de la via Appia ou de la rue St Denis
N’est pas à vendre
Pas plus que les travestis ou les poètes du sexe
Qui se donnent en spectacle
Sous les masques de la séduction et de l’inspiration fatale
Pas plus que la vérité somnambule qui s’affaire
Dans les avenues de la conscience
Avec ses fêtes patriotiques ses matchs ses églises
Ses promotions jusqu’au 15 février
Ses grèves des médecins des paysans des juges des infirmières
Et pour finir de toutes les catégories de personnel
Pas plus que les milliards d’enfants aux doigts sales
Ne laisseront de trace dans aucun livre

Alors mon ami Pierrot je te rends ta plume
Avec ou sans lune
Cette nuit est plus sombre
Qu’une tombe de loutre
Que la plus antique des nuits enfouies
Dans les yeux d’Homère.
Et que le vent me frise comme un chou
Que le poivre et le sel soupoudrent mon esprit sec
Sur la pale gelée du réel
Jusqu’à ce que les deux génisses cornées
Qui me coincent le clapier
Moutonnent en baie de Somme
Au prochain déménagement du territoire par les flots, les flics
Les pompiers, les voisins et toute la clique de l’univers

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